Se blesser, ma fracture de la main


Côté Pratique, Journal de Bord / jeudi, octobre 17th, 2019

Cet article, j’en ai eu l’idée suite à ma fracture de la main. Je voulais tirer parti de tout ce bord*l pour en faire quelque chose d’utile. Je ne suis sûrement pas la seule à me retrouver avec un plâtre et devoir prendre mon mal en patience comme seule occupation.

Mon histoire

Je vais revenir un petit peu plus en détails sur ce qui s’est passé.

Avant d’aller plus loin, il faut savoir que ma fracture est aussi appelée fracture du boxeur. Donc si jamais on vous demande, restez mystérieux et contentez vous de donner cette explication. Perso, c’est ce que je fais. Parce que ce qui s’est passé est plutôt honteux.

Alors je me suis donc cassée la main, non pas en faisant un triple salto piqué avec atterrissage dans un mur, une barrière ou que sais-je de tout aussi impressionnant. La vérité, c’est que je me suis pris une georgette.

Oui, une georgette. Donc la prochaine fois que vous passerez devant et que votre coach vous hurlera dessus, pensez à moi, la georgette est très mauvaise pour la santé.

Ma main s’est donc pris l’encolure de ma jument. J’ai bien senti que tout n’était pas en ordre là dedans, mais j’ai bien entendu fini mon tour (je n’ai pas payé une fortune pour ne sauter que 2 obstacles). Je ne rentrerai pas dans les détails mais j’ai d’abord cru que c’était mon doigt qui était démis et j’ai tenté le remettre en place. Je suis pas sûre que ça a aidé.

Pour faire court, j’ai dû me faire opérer. Aujourd’hui je suis un peu cyborg avec une plaque qui entoure mon os que je dois garder à vie.


Mental et Reprise

On ne va pas se mentir, l’arrêt est difficile à encaisser. J’étais en colère contre mon corps qui m’avait « trahi », je me sentais inutile de ne rien pouvoir faire, ressenti accentué par les gens autour de moi qui n’arrêtaient pas de me dire de faire attention. Attitude louable mais c’est comme dire à quelqu’un d’énervé de se calmer, c’est agaçant et frustrant.

Dans ce genre de situation, on commence par minimiser ce qui nous arrive « ce n’est pas grave« , « il n’y en a pas pour longtemps« , « ça va passer » et le fameux « de toute façon, j’en ai rien à faire, je ne m’arrête pas« .

Et puis après, on se flagelle. On s’en veut, on se dit que c’est de notre faute. Après tout, si j’avais écouté mon coach, j’aurai tenu mon dos, je n’aurai pas sauté avant mon cheval et je n’en serai donc pas là.

Une fois la situation acceptée (ce n’est jamais le bon moment, mais c’est arrivé, c’est comme ça), il faut prendre soin de soi. Je ne parle pas que de physique. Bien sûr, il faut faire attention, effectuer sa convalescence le plus en douceur possible. Mais j’ai aussi appris qu’il faut soigner son mental. Etre enfermé chez soi pendant plusieurs semaines, ça pèse.

J’ai eu de la chance d’être extrêmement bien entourée par mes amis et ma mère qui prenaient de mes nouvelles quasiment tous les jours et qui se relayaient pour venir me voir.

L’ennui peut aussi être très opressant dans ce genre de contexte. Et j’avoue m’être souvent laissé envahir et l’avoir laissé me peser. C’est pourquoi je tiens à souligner qu’il faut s’occuper le plus possible. Faire les choses qu’on n’a pas le temps de faire d’habitue, se lancer dans de nouveaux projets… Je voulais et j’aurai dû en profiter pour reprendre le blog en main. Mais je confesse avoir laissé la fatigue et l’abattement avoir pris le dessus plus que je ne l’aurai voulu.


Ma reprise

Alors pour le coup, je partage mon vécu mais je ne suis pas du tout un exemple à suivre.

Une fois passée la fatigue des premier temps et le remplacement du pansement par un plâtre, j’ai voulu reprendre une activité physique. Je ne pouvais pas monter mais je ne voulais pas me démuscler ni perdre la forme. Alors j’ai repris dans la limite de mes moyens, je ne me servais pas de ma main. J’ai repris le yoga régulièrement et j’ai fait des exercices de renforcement musculaire et de fitness, du gainage, gentiment dans mon salon : étirements, abdos-fessiers…

La seule chose de raisonnable que j’ai fait, c’est d’attendre le feu vert de mon chirurgien pour remonter. Et j’ai repris, tranquillement… en concours.

Ce n’est pas quelque chose à faire. Je l’ai fait parce que je m’en sentais capable déjà. Mais aussi parce que j’avais quelque chose à prouver. Autant à moi, qu’aux autres, qu’à mon coach. Prouver que j’étais rétablie, que je n’avais rien perdu, que j’étais toujours au niveau.

Pari réussi. J’avais fini par stresser, peur d’avoir perdu mon niveau, de ne plus avoir les mêmes sensations, d’être figée, d’appréhender les sauts de peur de me faire mal. Et finalement non. Tout pareil qu’avant ! C’est comme si cette parenthèse n’avait jamais eu lieu. Et soulagement, aucun soucis à déplorer au niveau de ma main.


Et depuis ?

J’ai refait un concours en plus. Qui s’est également bien passé.

Puis, ne faisant pas les championnats, la trêve estival s’est imposée. J’étais à nouveau une piétonne lambda. Un statut que j’ai eu un peu de mal à assumer, n’étant pas restée aussi longtemps sans monter depuis 10 ans.

Mais je me suis occupée et surtout j’ai pris du recul. Sur ma pratique, mes objectifs, mes envies.


Mes conseils

Avant toute chose, écouter son chirurgien/médecin. C’est la seule chose à laquelle je n’ai pas dérogé. Même si ça a été dur, j’ai fait attention pendant mon immobilisation et je n’ai repris qu’à partir du moment où j’ai eu le feu vert.

La rééducation. J’ai eu de la chance, je n’ai pas eu de rééducation (même si j’avais pris rendez-vous chez un kiné dès le lendemain de mon retrait du plâtre). Enfin si, de l’auto-rééducation. En gros, ma main devait se rééduquer en reprenant mon mode de vie habituel. Mais je ne peux que conseiller de bien suivre le protocole qui est préconisé. Il faut prendre la rééducation comme une forme d’entraînement.

Ecouter son corps. C’est le premier qui est capable de nous dire ce dont il est capable ou pas. Petite douleur, gêne… Par exemple, j’ai mis un peu de temps à reprendre le scooter. Serrer le frein était douloureux. Je ne le prenais pas quand il pleuvait, ne voulant pas prendre le risque de me faucher parce que je ne pouvais pas freiner de la même manière à l’avant et à l’arrière. Appliquer la règle de la « non-douleur », au moindre mouvement qui s’avère douloureux, on arrête. A cheval, je n’ai pas eu ce soucis. Ce n’est pas une partie de la main qui est très sollicitée en selle. Par contre, j’ai eu des douleurs lors du pansage, pour porter la selle… Dans ces cas-là, j’arrête, je fais de l’autre main ou je demande de l’aide, tout simplement.

Adapter sa pratique. Il ne faut pas hésiter à reprendre un sport doux avant de recommencer à monter. Et surtout s’échauffer avant et s’étirer après. L’équitation est un sport qui sollicite des muscles que nous n’avons pas l’habitude d’utiliser. S’arrêter aussi longtemps laisse des traces. Même en faisant tout pour les éviter, j’ai eu le droit de marcher comme un cow boy quelques jours !

Prendre soin de son mental. Déjà parce que le mental joue un rôle réel dans la guérison. Mais également, parce qu’il va jouer un rôle crucial dans notre reprise. Il va falloir gérer d’éventuelles appréhension, la déception d’être sûrement rouillé.

Même si cela va de soi, je préfère le préciser. Je ne suis pas professionnel, cet article est un partage de mon expérience ressente, de ce que j’ai vécu et des leçons que j’en ai tiré. Je déconseille à quiconque de faire comme moi (que ça soit pour la georgette comme pour ma reprise très abrupte). S’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est de suivre les recommandations de son médecin.

Et vous, vous avez déjà été blessé ? Comment vous l’avez vécu ?

signature-je-peux-pas-jai-poney-blog-equestre-2

Laisser un commentaire