Réseaux sociaux : jugement et pression

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Réseaux sociaux : jugement et pression

On va être honnête, avec le monde du cheval, on ne gravite pas dans le milieu le plus bienveillant du monde (c’est peut-être pareil ailleurs, remarque). Entre les critiques, la pression et les jugements des uns et les regards qui en disent long des autres, ça peut vite devenir pesant. C’est d’autant plus flagrant avec l’évolution des réseaux sociaux.

📸 Nina Mallawaey by Ahmed Al Maawali

Ca faisait un moment que j’avais l’idée de cet article. Pour plusieurs raisons, des articles que j’ai lu, des situations que j’ai vécu ou dont j’ai été témoin. Mais une chose m’a motivé à me lancer sur le sujet, Danielle Goldstein et les injures dont elle a été victime.

Danielle Goldstein

Cavalière israélienne de haut niveau, Danielle a un style bien à elle qu’elle assume franchement. Au départ des couleurs de cheveux flashy puis quelques plumes, aujourd’hui une véritable crinière de plumes.

Perso, je suis fan tant d’un point de vue esthétique que de la symbolique. Elle est elle-même, elle s’assume et elle rayonne. Quand j’ai vu le buzz autour de cette histoire, je n’ai pas compris. Je ne comprends toujours pas d’ailleurs. En quoi quelques plumes dérangent les gens ?

Elle est cavalière, quel est le rapport avec sa coiffure ? Ca ne change pas sa relation avec ses chevaux, ça n’influe aucunement sur son équitation. Alors quel est le problème ?

Bien entendu, il n’y a pas que ça. Quand on creuse un peu sur les réseaux, qu’on s’attarde sur les commentaires, notamment ceux des posts des comptes au plus grand nombre de followers, ce n’est pas très beau à voir…

Bref, tout ça pour dire que ce sujet a été le déclencheur. De par mon métier, je suis très curieuse à ce qui touche aux réseaux sociaux et je commençais à creuser sur le sujet. Un sujet qui faisait étrangement écho en moi, même si je n’avais pas encore mis de mots dessus. Force est de constater qu’on peut trouver de nombreux témoignages sur la pression que représente les réseaux, surtout dans notre milieu !

Les réseaux sociaux

Le constat que je fais :

Trop de similitudes

J’ai l’impression, ces derniers temps, de voir toujours les mêmes choses. Des très jolies photos, professionnelles, retouchées. Des pauses étudiées. Alors c’est très beau mais c’est aussi un peu trop lisse. Et ce côté un peu trop parfait, outre le fait de ne pas coller à la réalité de notre passion (pleine de paille, de crottins et de pas mal de fails, il faut l’avouer), a tendance à faire culpabiliser, à faire complexer.

On est face à une standardisation de l’équitation sur les réseaux sociaux. Autant d’un point de vue « lifestyle » (tenues, matériel..) que de la pratique.

Pas assez de bienveillance

J’ai l’impression que tout est tout noir ou tout blanc. D’un côté, les afficionados du sport et de la compet et de l’autre les fervants défendeurs du bien-être du cheval.

Et là, on se retrouve face à un combat de boxe : les pro-fers contre les anti-fers, les mors contre les ennasures, les disciplines « classiques » contre l’équitation éthologique. Comme si, on ne pouvait pas un peu piocher chez les uns et les autres, mixer, tester, nuancer…

La pression du trop-parfait

Ce n’est pas mal de passer une mauvaise séance, d’avoir été énervé par un truc vu sur insta ou de pas apprécier telle ou telle pratique. Bien sûr qu’on ne sera jamais tous d’accord. Mais c’est aussi ça qu’on recherche au départ, même si on l’a oublié, le partage. Echanger avec des personnes qui n’ont pas le même point de vue que nous, apprendre de l’expérience des autres.

Il y a quelques temps de ça, lorsque j’avais mis à plat mes objectifs pour l’année 2018, j’avais souligné quelque chose d’assez représentatif de la situation. Même si cela partait d’un constat vis à vis du blog, c’est finalement applicable à la pratique équestre. En effet, j’avais ressenti un certain mal-être dû à une comparaison par rapport au Youtube équestre. Cela avait entraîné une grosse remise en question et pour la première fois, j’avais envisagé de fermer ce blog.

La question était : qu’est-ce que je fais là ? Après tout, d’autres sont meilleurs que moi, ont plus de succès que moi… A cheval, avec l’évolution des réseaux, c’est pareil. Celui-là a de plus belles photos que moi, celui-ci est propriétaire et fait des plus grosses épreuves que moi alors qu’il monte depuis moins longtemps. Bref, c’est sans fin ! Alors que ce n’est pas comparable ! Sans compter que les réseaux ne sont pas représentatifs de la vraie vie.

Image Pinterest résumant l'article sur la pression et le jugement des réseaux sociaux

Alors bien sûr, c’est normal de vouloir trouver sur les réseaux du beau, du « qui fait rêver » mais le marketing a eu cet effet pervers de nous encourager à n’offrir que ça, encourager le paraître, le parfait au détriment d’autres valeurs pour l’appât du gain et de la « célébrité ».

Mais à ne voir que ça, cette perfection finit par nous mettre la pression, nous faire nous sentir petit, nul et entretient un manque de confiance en soi déjà très présent.

Est-ce que tu t’es déjà retrouvé à hésiter à poster une photo, une vidéo, une story ? Ou pire à ne pas la poster du tout ?

Les raisons peuvent diverses. Des plus futiles comme ce complexe de ne pas être à la hauteur parce qu’on n’a pas le dernier tapis Kentucky (Mais si ! Tu sais, le Velvet vert sapin !), parce qu’on n’a pas la doudoune Pénélope ou que notre monture n’est pas assez photogénique (ça paraît aberrant mais je suis sûre que c’est déjà arrivé!). A d’autres, plus inquiétantes, comme la peur de la critique, du jugement. Oui, ça m’est déjà arrivé de ne pas poster une vidéo parce que je n’avais pas envie d’avoir de réflexion parce que je monte en pelham et qu’il arrive que je fasse des fautes de main.

On a fini par arrêter de monter pour soi, par passion, de s’intéresser au cheval, par amour. On le fait maintenant pour les autres, des anonymes, qu’on ne rencontrera jamais, qui n’ont une voix qu’à travers un écran. On se justifie, on se surpasse, non plus pour le sport, le loisir, la passion mais pour montrer qu’on est meilleur que les autres. Tout cela sous la pression de diverses modes : par exemple l’équitation « positive ». On voit fleurir des gourous sur les réseaux (un peu comme ceux qui prônent la miracle morning, la méditation… dans un contexte plus lifestyle). Leur discours peut être, voulu ou non, moralisateur si on ne pratique l’équitation comme eux, si on fait de la compétition, qu’on met un mors ou qu’on ne pratique pas le R+ : culpabilisation d’aimer faire du sport avec son cheval? Incompatibilité bien-être et sport ?

Le jugement et les critiques faciles

Peut-on dire que la communauté équestre est bienveillante ? Tolérante ? Respectueuse ? Si vous avez déjà traîner en bord de piste, j’ai une petite idée de votre réponse à cette question.

Le monde équestre est sévère. Est-ce à cause de l’histoire ancestrale ? De la tradition française, militaire ? Toujours est-il qu’on a peu droit à l’erreur de manière globale et que l’on doit tendre vers la perfection. Ajoutons à ça les réseaux sociaux et on obtient un cocktail détonnant !

Eh bien quelque part, j’ai l’impression que les réseaux, en particulier Insta, c’est un peu devenu le condensé de ce qu’on trouve en bord de piste. Tout le monde a un avis sur tout le monde, sauf qu’il se croit libre de le dire n’importe comment, sous prétexte qu’on est derrière un écran.

Est-ce que s’exposer sur internet (quelque soit le support) = demander un avis ?

Que ce soit le cas ou non, on n’y échappe pas. Je me souviens de la première fois où ça m’a tant marqué. Ce n’était même pas moi qui étais visée. C’était à l’époque des skyblogs, quand Cassandre (Rêve Compulsif) a décidé de vendre sa ponette Ultra. Je me souviens encore avoir été atterrée par la violence des commentaires. C’est sa ponette, elle prend la décision qui lui paraît le plus juste (et on a vu à quel point ça lui a crevé le coeur de prendre cette décision) mais parce qu’elle a décidé de partager son aventure sur le net, elle doit accepter les avis des uns et des autres ?

Et en parlant de cette époque, est-ce qu’on parle des skyblogs puis des pages Facebook sur lesquels étaient partagées le photos de cavaliers lambdas et tout le monde se permettaient de donner un avis, se prenant pour un coach du dimanche ?

Je trouve ce post de Canter and Coffee très vrai. Il s’inscrit parfaitement dans cet article et dans le message que je souhaite faire passer.

Bien sûr qu’on a tous un avis, qu’on émet naturellement une opinion en son for intérieur. C’est humain. Mais il ne faut que notre jugement devienne parole d’évangile, qu’on devienne obtus à toute autre façon de faire, à toute autre vision que la nôtre. Et surtout, il ne faut pas condamner ou complexer en une photo.

Pourquoi va-t-on sur les réseaux sociaux ?

Au départ, c’était le partage, l’instantanée (en tout cas, pour Insta), l’authenticité. Il n’y avait pas encore tout l’enrobage marketing, le système de l’influence et encore moins la possibilité de gagner quelques euros en postant une photo.

Aujourd’hui, les marques ont bien compris le pouvoir de prescription de tous ces profils mais on se retrouve maintenant bien trop souvent face à des « influenceurs » qui acceptent tout et n’importe quoi tant qu’il y a une contrepartie (et je parle là de façon générale, pas seulement dans le milieu équestre). Du coup, tout est calculé et tous les coups sont permis (je ne rentrerai pas dans l’achat de followers, les groupes de « soutien » entre influenceurs pour liker les posts des uns et des autres, les bots et autres magouilles, mais on vous voit !).

Et donc, on se retrouve face à ceux qui ont su tirer leur épingles du jeu et ceux qui courent après la notoriété.

Mais est-ce que les influenceurs ont conscience du pouvoir et de la responsabilité qu’ils ont ? Dans le milieu équestre, les communauté des influenceurs sont souvent très jeunes. Ils sont donc en train de construire leur esprit critique, de modeler leur opinion sur tel ou tel sujet. Beaucoup n’auront pas encore le recul nécessaire d’analyser le contenu qu’ils consomment et le prennent donc pour parole d’évangile. Un terrain propice pour après critiquer quelqu’un qui ne fait pas comme leur influenceur préféré.

Moins de pression

Les influenceuses body positives ne cessent de le répéter : on peut faire ce qu’on veut à une photo. Tout est une question d’angle, de posture, de lumière, de moment. Pour vous, qu’est-ce qu’un bon cavalier ? Un cavalier qui fait sans faute en concours ? Qui gagne ? Qui a appris à son cheval à se cabrer ? Qui travaille chaque jour sans relâche, en répétant ses gammes ? Qui observe et écoute son cheval ? Quelques soient vos critères, pensez-vous qu’ils peuvent être résumer en une seule photo ?

📌 Souvenons-nous qu’un post ne reflète pas toute une vie. On n’a pas le pourquoi du comment, le vécu… de tel ou tel choix, de telle ou telle action.

📌 Cessons cette recherche perpétuelle d’approbation populaire.

📌 Arrêtons de culpabiliser de ne rien avoir posté, de ne pas avoir fait de story en allant monter, d’avoir juste profité du moment.

📌 Nuançons. Il n’y a pas qu’une vérité, qu’une façon de voir/faire les choses.

📌 Quand on commente un post / article / vidéo, pensons à la suggestion plutôt que l’injonction.

📌 Arrêtons de regarder ce qui ne nous plaît pas, nous fait du mal, nous révolte pour nous concentrer ce qui nous inspire et nous fait plaisir.


J’espère avoir réussi à être claire et compréhensive. J’ai mis très longtemps à écrire cet article tellement j’avais d’idées et de réflexions à partager sur le sujet. Et j’aurai pu continuer encore longtemps !

N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me partager votre expérience sur les réseaux et n’hésitez pas à partager cet article si tu connais quelqu’un qui vit ce genre de situation.

Sources et lectures complémentaires :

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Ce blog, c’est avant tout un joyeux mélange de passions, celle du cheval et celle de l’écriture, de curiosité et partage. Un grand patchwork de réflexions, découvertes, interrogations, recherches et autres apprentissages. En espérant que vous vous y sentirez bien et qu’à défaut de vous apprendre quelque chose, je vous aurai fait passer un bon moment ! 🦄

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