#No To Harmonizing – Le Jumping en Danger

Oui, oui, un deuxième article ! Et promis, ce n’est pas près de s’arrêter, j’en ai encore quelques uns de prévu 😉

Bref, revenons-en à nos moutons.

Vous n’avez pas pu avoir rater ce qui se passe ces derniers jours dans le jumping international. Pour vous remettre les choses dans leur contexte, la FEI revoie son règlement, ce qui le rapproche plus d’un modèle du type « Global Champions Tour ». Sauf que ça entraîne un certains nombre de conséquences et ce n’est pas pour plaire à tout le monde.

Pour résumer cette réforme, la FEI souhaite « harmoniser » les prix des engagements entre les Etats-Unis et le continent Européen. Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Pour faire simple, ça reviendrait à faire du circuit professionnel une élite « financière ». Parce que cette réforme entraînerait une augmentation conséquente des prix de l’engagement. De ce fait, les cavaliers pouvant concourir ne serait pas les plus méritants mais ceux qui ont les moyens.

On le sait, il est très difficile voir impossible pour un cavalier pro de vivre de sa seule activité de cavalier. Pour faire de l’argent, ils ont également en parallèle une activité de commerce de chevaux, donnent des stages… Je ne vous fait pas de dessin.

On m’a toujours dit que pour devenir millionnaire dans le milieu du cheval, il faut commencer en étant milliardaire. Ca veut tout dire !

De nombreux cavaliers à l’image de Steve Guerdat et Kevin Staut mais également de nombreux professionnels du monde équestre s’élèvent contre cette réforme qui est pour eux une réelle aberration !

Les propos de Marc Dilasser sont durs mais résument bien ce qu’il se passe : « Je pense qu’après les Etats-Unis sont partis vraiment très loin dans ce système-là. Je ne sais même pas s’il y a dix professionnels qui montent à cheval là-bas, le reste sont des enfants de milliardaires qui s’amusent à Wellington. Quand vous allez à Wellington, pour rentrer là-bas il faut pratiquement avoir une propriété. Si vous n’arrivez pas avec de quoi acheter là-bas, c’est tout juste si vous ne pouvez pas monter sur le concours.

Les Etats-Unis sont un pays à part et leur imposer notre point de vue ne marchera pas, ça c’est une évidence. Mais eux n’ont pas besoin de ça, ils ne forment pas de chevaux. Ils viennent les acheter en Europe parce qu’ils n’ont pas d’élevage. Les Qataris, les Saoudiens, les Américains, n’ont pas d’élevage et viennent acheter en Europe. Donc ils ont besoin de cavaliers professionnels qui les forment. » – Jump’Inside

Tout cela fait tellement de vagues que ça résonne même au delà des frontières du monde du cheval et que même le 20 minutes vient à en parler !

Et on en apprend belles ! Notamment la sélection des cavaliers invités à participer au GCT ou encore le prix de l’adhésion à la Champions League ( 2 millions d’euros, rien que ça ).

On va donc finir par se retrouver avec des cavaliers peut-être moins talentueux mais qui ont le porte feuille adéquat pour attendre le cercle restreint du haut niveau.


Cette décision est le fruit d’un rapproche entre Jan Tops, créateur du Global, et Ingmar De Vos, président de la FEI. Une alliance qui permet à Jan Tops de mettre son circuit en avant puisque le classement au Global comptera pour le classement mondial. Il y a aussi des changements de prévus pour les « pay cards ». Mais je ne me lancerai pas dans les explications de cela, ne m’y connaissant pas assez, je ne voudrai pas prendre le risque de dire des bêtises. Mais ça ne me paraît pas très franc du collier non plus !

Steve Guerdat, qu’on peut qualifié de chef de file de l’opposition, ne mâche pas ses mots : « j’ai l’impression qu’on est en train de perdre notre sport. C’est un moment très grave pour l’avenir de l’hippisme, qui devrait être ouvert aux plus talentueux, pas seulement aux plus riches. Avec cette formule, on n’aurait que 15 à 18 cavaliers autorisés à monter grâce à leur classement et leur talent dans ces compétitions. »

Kevin Staut tient des propos plus mesurés mais les deux cavaliers se rejoignent dans le fond : « Jan Tops a proposé une bonne formule, il a un très bon produit et c’est normal qu’il avance de son côté, mais le problème c’est que la FEI ne joue pas son rôle d’arbitre. »

Je vous invite à lire cet article de L’Eperon qui relaie les propos des deux cavaliers ainsi que celui-ci dans lequel Sophie Dubourg, DTN, donne son avis, un avis précieux du fait de sa fonction qui lui permet d’avoir les connaissances nécessaires pour donner un avis en toute connaissance de cause.


Vous vous demandez sûrement ce que ça peut me faire ces changements. Après tout, je ne suis pas cavalière pro, je reste une simple petite cavalière de club.

Mais outre le fait que je m’intéresse à ce qui se passe dans le haut niveau et dans notre sport de manière général, je m’inquiète aussi pour l’image que l’on renvoie. L’équitation a déjà cette image de sport élitaire, de « sport de riches ». La FFE s’est lancé en campagne pour la rendre plus accessible à tous, permettre au plus grand nombre de s’y essayé et de gagner tous les bienfaits que le contact avec les chevaux peut apporter. C’est triste de saper ces beaux efforts, de s’enfermer dans une cage dorée. Après vous me direz que je ne peux pas y faire grand chose. Et je suis bien d’accord avec vous mais il n’empêche que j’ai la possibilité de m’exprimer et j’en profite !

Pour le moment, la réforme n’est pas encore passée. Mais ce n’est pas la première fois que la FEI prend une décision qui va à l’encontre des acteurs de notre sport. Il y a donc tout lieu de s’inquiéter.


Vous pouvez réagir à cette réforme vous aussi avec le #Notoharmonizing sur les réseaux sociaux. J’espère en tout cas que cet article vous aura aidé à y voir plus clair vu tout ce qu’on entend sur le sujet en ce moment. J’ai conscience de peut-être soulevé une polémique. Mais je pense que c’est aussi ça être cavalier, c’est aussi se tenir au courant de ce qui se passe en coulisses.

Sources : Jump’Inside & L’Eperon

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