Monde équestre et marketing d’influence

COMMUNICATION ET MARKETING3 commentaires sur Monde équestre et marketing d’influence

Monde équestre et marketing d’influence

📸 Iman Perez & Alexandra Paillot by Jessica Rodrigues

Si j’ai déjà parlé de l’ampleur qu’ont pris les réseaux sociaux dans le monde équestre, j’avais envie de revenir sur ce qu’est le marketing d’influence et l’application qu’on en fait dans le milieu du cheval.

Cet article se place dans la même ligné que celui que j’ai écrit sur les réseaux sociaux, sans pour autant en être une suite.

On l’a tous vu, avec l’ampleur prise par le Youtube équestre, on a vu fleurir de plus en plus de partenariats, de vidéos et de placements de produits équestres.


Qu’est-ce que le marketing d’influence ?

Qu’est-ce que l’influence ?

Influence – définition du dictionnaire Larousse :

  • Action, généralement continue, qu’exerce quelque chose sur quelque chose ou sur quelqu’un : L’influence du climat sur la végétation.L’influence de la télévision sur les jeunes.
  • Ascendant de quelqu’un sur quelqu’un d’autre : Il a beaucoup changé sous l’influence de son ami.
  • Pouvoir social et politique de quelqu’un, d’un groupe, qui leur permet d’agir sur le cours des événements, des décisions prises, etc. : On a vu grandir son influence dans le monde des affaires.

Entre nous, j’ai un peu de mal avec le terme. N’étant pas influenceuse, je me retrouve dans l’autre camp, à savoir être influencée. Et je trouve qu’il y a quelque chose de péjoratif, une relation hiérarchique et non d’égal à égal, comme si on n’avait plus notre libre-arbitre. Je préfère être inspirée, qu’on me donne des idées, qu’on me fasse découvrir des choses que je ne connaissais pas.


Les limites de notre monde

Le monde équestre en retard

J’ai pu constaté, lors de mon précédent emploi et même encore aujourd’hui, que le milieu équestre est en retard sur les domaines du marketing et de la communication digitale. Si les choses évoluent rapidement, on part de loin.

Très traditionnelles, les marques ont longtemps continué comme avant, des prints dans les magazines, sur les concours, des bannières sur certains sites et c’est tout. Sauf que, la société évoluant, ces magazines et ces sites ne sont plus autant consultés, la publicité sur les concours ne suffisaient plus. Il a fallu évoluer et voir ce qu’il se faisait dans les autres domaines.

C’est comme ça qu’on a commencé à voir des pages Facebook et Instagram de marques, petit à petit, des posts sponsorisés. Mais ça ne suffisait toujours pas.

Les influenceurs équestres ont commencé à émerger, ils ont commencé à recevoir des produits. La machine était lancée.

Mais les choses restent encore très artisanales. C’est encore rare de voir un créateur de contenu rémunéré pour son post sur tel ou tel produit. Les campagnes sont encore balbutiantes. Souvent par manque de moyens. Nous restons malgré tout un domaine de niche. Et la remise en question sur l’attribution des budgets de communication en général et au marketing d’influence en particulier est encore à ses débuts.

« L’enthousiasme » des influenceurs

C’est assez naturel dans notre société de vouloir toujours plus. Alors forcément, quand des marques te proposent de recevoir des produits plus ou moins onéreux gratuitement, c’est normal de sauter sur l’occasion ! Surtout que c’est souvent des produits qu’on aurait pas forcément acheté temps normal (pas indispensable, trop cher…).

Le problème c’est qu’on peut vite tomber dans le « trop ». On s’éloigne de notre ligne éditrice, on parle de choses dont on n’aurait pas forcément parlé en temps normal, qu’on aurait pas forcément acheté non plus. Notre jugement peut aussi parfois être faussé. Non pas par malhonnêteté, mais quelque part, on est gêné de recevoir tout ça alors on va peut-être enjoliver les choses, pour faire plaisir à la marque, pour se montrer « digne de son cadeau« .

Certains arrivent à respecter le cadre qu’ils se sont posés, d’autres se retrouvent emportés par leur enthousiasme. Je ne leur jette pas la pierre, c’est humain.

Et puis quelque part, tous ces partenariats, c’est une sorte de reconnaissance du travail fourni en amont !

Mais attention au miroir aux alouettes !


Les dérives

Cette année, j’ai eu l’impression d’avoir été bombardée par les hauls, les placements de produits et autres routines mettant en avant des marques bien précises.

Si je ne suis pas contre d’avoir des retours, des avis, c’était trop. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, les « consommateurs de contenus » sont en demande de ce type d’articles/vidéos. Difficile de sortir de ce carcan. Et ceux qui se sont positionnés en dehors de ce système, dont je fais partie, en subissent les conséquences : baisse de visibilité, d’engagements… Ce qui peut entraîner de nombreux doutes et remises en questions.

Comme je le disais dans mon précédent article, j’ai parfois l’impression d’être une « mauvaise blogueuse équestre » parce que je n’ai pas de cheval qui pourrait me servir de mannequin pour présenter le dernier tapis à la mode ou que j’ai fait le choix de ne pas tester moults produits dont je n’ai pas l’utilité.

Aujourd’hui, de nombreux sujets sont développés, je pense notamment à ceux autour du bien-être du cheval et des questionnements autour de certaines pratiques en haut niveau. Pourtant ce sont des sujets que je vois que peu abordés.

Alors oui, une vidéo haul de temps en temps, le partage d’un bon plan au passage d’un post ou un crash test produit réellement utile et/ou novateur, pourquoi pas ! Mais a-t-on réellement besoin de 10 seaux de friandises HDCP ou de 30 tapis ?

Cette question amène également une autre réflexion, celle de la surconsommation.

Finalement, on se retrouve au même stade que le domaine de la beauté ou de la mode il y a à peine quelques mois. Une preuve qu’on est certes en retard sur le sujet mais qu’on progresse.


Je ne jette ni la pierre au marketing d’influence qui est un réel levier pour une marque ni aux influenceurs équestres qui sont portés par l’enthousiasme de l’intérêt que leur portent les marques et par celui de recevoir des produits gratuits. Je pense juste qu’il y a une réelle réflexion à avoir sur la manière de se servir de l’influence et sur la consommation qui plus est autour d’êtres vivants qui ne sont pas capables de donner leur avis.

Et vous, que pensez-vous des influenceurs équestres, des pratiques des marques et de la surconsommation que cela entraîne ?

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Ce blog, c’est avant tout un joyeux mélange de passions, celle du cheval et celle de l’écriture, de curiosité et partage. Un grand patchwork de réflexions, découvertes, interrogations, recherches et autres apprentissages. En espérant que vous vous y sentirez bien et qu’à défaut de vous apprendre quelque chose, je vous aurai fait passer un bon moment ! 🦄

3 thoughts on “Monde équestre et marketing d’influence

  1. Bonjour,
    Cet article est intéressant. Personnellement je n’aime pas ce type de contenu dans lequel on présente souvent un produit comme le dernier article à la mode surtout quand il n’y a pas de réelle innovation. Et comme toi, je me sens un peu à l’écart avec mes articles plus « réflexions » et « techniques » et mes photos qui n’ont rien de celles d’un influenceur.

  2. Hello Anne-Sophie,
    Je suis d’accord avec toi en partie même me concernant je suis une grande consommatrice de haul et de test de produits car j’adore tester de nouvelles choses pour mes juments et m’acheter de nouveaux vêtements pour monter à cheval. C’est vrai qu’il manque quand même du contenu plus éducatif et plus « profond » et je pense que justement si tu veux proposer ça tu devrais le faire et si tu y mets de la passion ça intéressera des personnes et tu construiras une ambiance fidèle. Nous ne sommes pas toute passionné de modes et de produits et il faut du contenu pour tout le monde. C’est sur qu’il y a une tentation forte de suivre la mode et de faire les dernières vidéos pour avoir plus de visibilité mais je pense que la clé du secret c’est de faire ce que l’on aime et ça plaira forcement à des gens 🙂

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