La polémique de la couverture de Grand Prix Magazine

Eh oui, j’ai donc décidé de mettre mon grain de sel sur le sujet même si cet article n’était absolument pas prévu.

Pas sûre que cet article, ou en tout cas, son contenu, plaise. Mon avis est loin d’être tranché. Pour moi, ça ne sert à rien de jeter la pierre à qui que ce soit, nous sommes tous coupables.

Remettons les choses dans leur contexte. Le magazine Grand Prix a posté sur Facebook la couverture de son nouveau numéro dimanche dernier. Cette couverture, la photo choisie, le grand titre associé, ont provoqué une vive émotion et c’est là-dessus que je souhaiterai revenir, sur cette polémique.

Que s’est-il passé ?

Suite à la vague de réaction que la publication a provoqué, Grand Prix a supprimé le post et présenté ses excuses. Pour expliquer ce choix de photo, GP avoue ne pas avoir vu / fait attention au premier abord que ça pourrait choquer. Les gens s’insurgent à cette justification. Comment ne pas voir une telle chose ?

Certes l’excuse est un peu légère mais malgré tout, je peux le concevoir. Avec les réseaux sociaux, nous sommes bombardés de photos en tout genre. Je ne dirai pas que nous sommes blasés mais je pense qu’à force, on ne voit plus rien, on survole et on ne s’attarde plus sur ce qui pourrait choquer. D’autant plus qu’avec la quantité de contenu que l’on retrouve sur le net, il faut se démarquer, la photo la plus impressionnante, celle qui va sortir du lot. Dans le bon comme dans le mauvais sens.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle polémique émerge mais c’est bien la première fois (dans mon souvenir en tout cas) qu’une édition de l’ampleur de Grand Prix réagit et ne se contente pas de simplement supprimer le post dérangeant.

Certains diront que ce n’est rien. Mais dans le monde du cheval, les choses mettent tellement de temps à évoluer que je trouve important de le souligner.

Pour revenir à l’origine de cette histoire, je vous laisse avec l’article des Musards qui le relate très bien. Du partage du post sur sa page aux réactions que ça a engendré.


Mon avis sur la question

Je ne vais pas décrypter l’équitation de Lorenzo De Luca. C’est un cavalier que je suis peu et je ne pense pas avoir le niveau ni l’expérience pour me le permettre.

Ce que je vois sur cette photo c’est une double muserolle/noseband en corde serrée à l’extrême, des rondelles à picots, 4 rênes dans une martingale pleine en tandem.

En dehors des rondelles que je trouve franchement barbares, je ne suis pas contre l’utilisation de ces outils tant que c’est dans une moindre mesure. J’en ai déjà parlé, je ne le cache pas sur mes photos Insta, j’en utilise certains.

Mais là, on est clairement dans la surenchère. Et encore, on ne cite pas les mors dont je ne connais d’ailleurs même pas les noms (hackamore + mors, branches interminables….) que l’on peut observer en 5*.

J’ai lu les différents posts et articles qui traitent de ce sujet.

Mon cheval me dit pose des questions très pertinentes. Mais je retiens particulièrement ce qu’a dit Les Musards. Les cavaliers pro servent d’exemple.

Il n’y a qu’à voir tout le business autour des noms de certains déposés en marque, des tapis et bonnets, vestes, casques vu sur certains que beaucoup de jeunes cavaliers vont acheter pour leur ressembler.

Je tourne en concours club et je vois aujourd’hui des choses qui me font bondir ! Je ne suis pas irréprochable, je suis pourtant très tolérante et ouverte d’esprit. Mais quand je vois un releveur branché en direct, des muserolles complexes type Silver Crown, l’utilisation d’oeillères, j’ai envie de dire : « oh les gars ! On saute 85cm, tranquille ! »


Pour revenir aux cavaliers pro, je conçois que certains outils permettent de gagner du temps dans le processus. Ça reste un business, aussi passionnés soit-on. On ne peut pas comparer un cavalier pro qui vit de son activité et un propriétaire qui a un seul cheval et qui peut se permettre de prendre le temps nécessaire pour atteindre son objectif.

Mais il y a peut-être un juste milieu.

J’admets que s’élancer sur des barres à 160 avec une bête de plus d’une demi tonne pétée de sang et d’énergie comporte une part de risque et qu’on puisse avoir besoin d’un peu d’aide.

Mais là on est dans un exemple extrême. Et les extrêmes appellent les extrêmes. De tels abus donnent du grain à moudre aux extrémistes. Vous savez, ceux qui disent qu’on est des méchantes personnes parce qu’on a des chevaux et qu’on monte dessus ? J’en avais parlé ICI.

Je ne pense pas qu’il y a qu’une équitation mais bien autant qu’il y a de chevaux et de cavaliers.

Certains aiment juste se balader, d’autres travailler à pied. J’aime ça aussi mais j’aime aussi la compétition et le saut d’obstacles. Est-ce que ça veut dire pour autant que j’aime et respectée moins les chevaux ?


Je ne juge pas le(s) cavalier(s), je ne cherche ni à dénoncer ni à pointer du doigt ni à jeter la faute. Je constate.

La Crinière Blonde parle ici de symptôme d’un problème plus grand. Pour moi, cette polémique est un signal d’alarme qui devrait pousser à des remises en question avant que les choses ne prennent plus d’ampleur et ne soient réellement hors de contrôle.

J’ai pris un peu de temps pour lire quelques commentaires sous les publications qui traitent du sujet. Et on lit des choses très inquiétantes. Agressivité, intolérance, parfois aberrations. On est tous unis par la même passion et pourtant nous sommes incapables de s’écouter et d’accepter que d’ autres ne puissent pas avoir le même avis que nous.

Je félicite l’action de Grand Prix, ils ont réagi. Maintenant, il ne faudrait pas faire l’autruche et faire comme si de rien était. On a soulevé un lièvre, tirons-en parti et agissons en conséquence !

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On se plaint que notre sport n’est pas assez médiatisé auprès du grand public mais est-ce vraiment l’image que l’on souhaite véhiculer ? N’oublions pas que nous sommes garants du bien-être d’être vivants.

Je vous laisse avec la définition du tact (et une pensée émue à mon coach qui n’a de cesse de nous la rappeler tel un mantra perso) :

Vu les sujets que je traite en ce moment et ma fréquence de publication, soit je suis très inspirée soit je cherche à tout prix à faire le buzz. Je vous laisse vous faire votre propre idée.

Et vous, quel est votre avis sur toute cette histoire ?

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